MONTAGNES

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création de Ruppert Pupkin & Sarah Jérôme

La plasticienne Sarah Jérome et la musicienne Ruppert Pupkin se retrouvent à nouveau au plateau pour soulever des MONTAGNES. Rendez-vous à la Comédie de Colmar puis en tournée à partir de septembre 2022.

Avec le soutien de la DRAC – Île de France / co-productions : L’Escapade à Hénin Beaumont – la Comédie de Colmar – Espace d’Art Contemporain André Malraux de Colmar

TEXTE EMMANUELLE DESTREMAU OEUVRES PLASTIQUES SARAH JÉROME MUSIQUE RUPPERT PUPKIN & BENOIT PERRAUDEAU

AVEC SARAH JÉROME, RUPPERT PUPKIN, BENOIT PERRAUDEAU

RÉGIE GÉNÉRALE ET RÉGIE PLATEAU : ANNE WAGNER CONCEPTEUR MACHINISTE : BRUNO DRILLAUD ACCESSOIRISTE : BENJAMIN HAUTIN CREATION LUMIÈRE : BENOIT PERRAUDEAU RÉGIE SON : LISA SARRAN CONSEIL SCÉNOGRAPHIQUE : STEPHAN ZIMMERLI 

A l’image de ces Femmes-montagnes dessinées par la plasticienne, les artistes proposent la démonstration qu’il est possible de se mouvoir et de créer à l’intérieur des contraintes et des prisons qui nous sont imposées.

Il faut juste se débarrasser des gestes des autres qu’on a accumulés en nous.

MONTAGNES créé une oeuvre mobile, vivante, changeante faite de corps et de cris, des gestes et de traces.
MONTAGNES ne résout rien mais donne à voir les clins d’oeil possibles.

Au début, on croit peut-être assister à un concert-live painting mais très vite les récits s’entremêlent.
La chanteuse utilise la terre de la plasticienne pour s’épiler. Le coup de pinceaux déclenche un son. L’accord de guitare provoque un trait de couleur. La résonance d’une céramique inspire une chanson.

La plasticienne arrache la gueule de sa statue qui incarnait pourtant un amoureux possible. La chanteuse cherche le moelleux des gens alors qu’on est cachés dans des carapaces. L’armure apparait sur le plateau, en céramique et devient un nouveau personnage avec qui jouer. Les phrases de l’une et de l’autre s’entremêlent comme si elles se racontaient des histoires. Comme si nous étions tous des réservoirs à histoires pas encore digérées et qu’il fallait bien les raconter un jour pour s’en délivrer.

Pas facile de trouver le moelleux des gens.

Les paroles Dans ma peau déclenchent une danse éperdue dans la peau de l’autre, puis un corps à poils qui cherche à se faire moelleux dans une armure en céramique, puis suspen- due en l’air pour une danse magique ou macabre, poursuivie par l’angoisse dans la foret. On construit des récits, des refrains et on modèle la matière pour tenter de s’échapper. On se trouve dans les récits telluriques.

Loin d’un homme qui envahit, loin d’un cauchemar qui ronge, ou d’une violence enfouie. Il faut du mouvement pour survivre.
Il faut chercher et s’acharner. Avec la CHAIR des corps moelleux.

Ça me parait quand même difficile de rentrer par inadvertance dans un four non ?

On s’en fout de brûler.
Ce qui compte c’est le rythme et le mouvement.
Celui qui surgit dans la peinture, dans la voix qui creuse la matière, dans les membres éparpil- lés, et les corps.

Peut-être que le monstre à l’intérieur de toi peut opérer une métamorphose chimique et disparaître ou se transformer en coquelicot ?

On est éparpillées mais on se recentre.
On réinvente une autre réalité faite de tous ces morceaux. Et on se souvient que l’ADN des arbres peut nous parler Et on danse dans les hauteurs.
Sur les MONTAGNES.

Dans MONTAGNES se mélangent des oeuvres existantes et des oeuvres qui naitront du plateau. L’oeuvre totale qui naitra du plateau sera d’abord le spectacle.
Il devra éclore devant les spectateurs, sous leurs yeux.
Comme une nouvelle naissance.

Aussi sale et merveilleux qu’un accouchement.

MONTAGNES partage aussi le besoin de rituels.
Si on démonte l’idée sacrificielle souvent associée au féminin, pour lui tordre le cou et déconstruire les idées reçues sur la place et les fonctionnements de la femme, on ne refuse pas le rite.
Le rite est matière et rythme.
Il nous permet d’être ensemble et de ne pas être broyés.
C’est le sens de cette performance qui ne peut se composer qu’avec le public organiquement présent.